Je ne sais pas si la nouvelle merveille de Steve Jobs connaîtra un avenir radieux ou les tréfonds obscurs de l’oubli qu’ont connu de précédentes machines Apple, telles le Newton ou le Cube.
En tout cas, à peine annoncé, l’iPad déchaine les passions : certains louent son design, son pragmatisme, sa simplicité d’utilisation, et surtout son prix, quand d’autres lui reprochent les défauts de l’iPhone (en particulier d’être non multitâche et restreint aux logiciels maison), ainsi que l’absence d’éléments comme un appareil photo, une webcam, des ports externes…
Alors, une fois n’est pas coutume, je vais parler de mon expérience personnelle, en rappelant ceci : chacun a des besoins spécifiques. Ce n’est pas parce qu’une machine ne nous convient pas qu’elle ne peut convenir à quelqu’un d’autre.
Je possède un MacBook 13’ et un iPhone 16 Go. Le premier est, naturellement, mon outil de travail principal. Mais en raison de sa taille et de son poids, il est réduit à rester à domicile. Bien que portable, je le déplace donc très rarement, en particulier si je dois, en plus, emporter son chargeur avec moi. Je garde encore le souvenir du Powerbook 12’ qui, lui, était vraiment conçu pour le nomadisme. Alors, à la place, j’utilise mon iPhone à l’extérieur, en guise de mini ordinateur de substitution. Mais il ne m’est pas possible de réellement travailler avec, en raison de la taille de l’écran (et du clavier virtuel). Pour une personne comme moi qui utilise essentiellement son ordinateur pour faire de la saisie de texte, l’iPhone est certes idéal pour surfer, écouter de la musique ou relever ses mails, mais il ne peut servir d’outil de travail.
J’espérais donc un objet qui soit « à mi-chemin » entre un smartphone et un ordinateur portable. J’ai longtemps hésité à acheter un Netbook, mais après en avoir essayé un, il m’est apparu que leur seul réel intérêt résidait dans leur tarif agressif. Pour le reste, je les trouve lents, dotés d’un clavier peu agréable, et d’une autonomie trop limitée.
Et voilà qu’arrive l’iPad. J’ai dressé la liste des avantages et des défauts que je lui trouve, mais encore une fois, tout ceci n’est que le reflet de mes besoins personnels. Un autre utilisateur fera un constat certainement différent.
Les +
La taille et le poids. Avec ses 24cm de hauteur et ses 700g, je peux le glisser dans une petite sacoche et l’emmener quasiment partout avec moi.
L’autonomie. Les 10h annoncées font saliver. Mais comme toujours avec Apple, il faudra tester la machine en conditions réelles pour s’assurer que ces chiffres ne sont pas « gonflés »…
Le traitement de texte. Une nouvelle version d’iWork, spécialement conçue pour l’iPad, devrait offrir un confort de saisie appréciable.
Les –
Absence du multitâche. Lors de certains travaux, j’ai besoin de retranscrire des discussions MP3 en fichiers textes. Il me faut donc interrompre à intervalles réguliers les MP3 et pouvoir remonter ou avancer dedans de quelques secondes, sans quitter mon document texte. Mon MacBook le permet sans problème, grâce aux touches de contrôle direct à iTunes, mais je ne suis pas certain de pouvoir en faire autant avec l’iPad, à moins qu’une application spécifique ne sorte ultérieurement.
Le coût de l’abonnement 3G. À rajouter au prix de la machine. Pour l’instant, rien n’a été communiqué concernant les modalités d’accès à la 3G par le biais d’un opérateur. Je paye déjà un abonnement pour internet et un autre pour mon téléphone portable. Apple est sans doute en train de négocier ses offres d’accès avec eux. La solution qu’elle a trouvé aux Etats-Unis est assez séduisante : l’activation de l’accès 3G se fait de chez soi, par le biais de l’iPad (et du fournisseur AT&T) et surtout via une formule d’abonnement mensuel non contractuel (on peut l’interrompre à tout moment). 15$ pour 250 Mo de données échangées, ou 30$ pour des données illimitées. Dans le cadre d’un voyage en France, cela pourrait être intéressant si je me rends dans un lieu qui ne propose pas d’accès wifi. Et à mon retour, il me serait facile de me désinscrire. Un accès à internet partout et en toute circonstance serait donc pratique, mais pas forcément indispensable. Je pense pouvoir me contenter du wifi seul, mais là encore, tout dépendra des offres des opérateurs tiers concernant la 3G.
En résumé, comme l’iPhone à ses débuts, je pense que le potentiel de l’iPad est sous-estimé et qu’il nous réserve des surprises. L’écran tactile plus grand que celui de l’iPhone, les technologies embarquées astucieuses et les nombreux développeurs qui sont déjà sur les rangs pour concevoir « l’application ultime », transformeront probablement cette curiosité en un objet incontournable. En se rappelant que l’iPhone, si décrié à ses débuts, a fini, peu à peu, par combler quasiment toutes ses lacunes et ses « imperfections », que ce soit au niveau hardware ou logiciel. On aura l’occasion d’en reparler lors de sa sortie, à la fin du mois de mars, si tout va bien. D’ici là, Apple aura sorti la 4ème version d’iPhone/iPad OS, et c’est peut-être de là que viendront les bonnes surprises…

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